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Les outils de base pour communiquer sur son entreprise

Monter son entreprise sans penser à sa démarche de communication, c’est comme construire un parc d’attraction dans une île déserte : on court à la faillite ! Il existe une foultitude de petits outils simples et efficaces pour pouvoir dialoguer avec le marché (clients, fournisseurs et concurrents). En voici plein !

S’il ne devait y en avoir que trois, les outils à privilégier seraient un téléphone (fixe ou mobile), la carte de visite et l’adresse (mail ou postale).

- Pour le téléphone fixe (en passant par France Télécom, votre fournisseur d’accès internet ou un logiciel de VOIP de type Skype), il faut miser sur la qualité du son avec un combiné adapté.

- Pour le téléphone mobile, vous devez choisir l’opérateur dont le réseau et les services couvriront au mieux vos besoins, et un appareil avec une grande autonomie.

- La carte de visite fournit les informations strictement nécessaires pour vous joindre, pas plus.

- L’adresse mail sera choisie avec un format « pro », idéalement votrenom@votresociété.com, à éviter donc les adresses de type kikoolol70@youpi.org.

- L’adresse postale est bien entendu celle de votre siège sociale, et si vous domiciliez votre entreprise chez vous, n’omettez pas de prévenir votre bureau de Poste et d’ajouter le nom de votre entreprise sur votre boîte aux lettres.

Les autres outils de communication à votre disposition sont nombreux et adaptés à toutes les situations.

- La brochure reprend les informations de la carte de visite et décrit l’activité à l’aide de visuels, avec plus ou moins de détails.

- Le site internet, s’il n’est pas au centre de votre activité, reprend au moins les informations de la brochure avec un lien direct à votre mail.

- Le profil que vous remplissez pour vous définir dans votre réseau virtuel ou réel (fiche membre de l’annuaire d’une association, profil de viadeo, globoos ou facebook…) est un CV de l’entrepreneur et à l’instar du CV de recherche d’emploi, il doit être rempli avec sérieux et être synthétique et détaillé à la fois.

- Le blog professionnel, outil chouchou depuis quelques années, est facile à créer et à gérer, mais n’a d’intérêt que s’il est régulièrement mis à jour avec des interventions pertinentes, et une interactivité avec les lecteurs par le biais des commentaires.

- Le forum, plus lourd, nécessite certaines compétences informatiques pour la mise en place et la gestion, il est utilisé lorsque l’on requiert une participation de la part de ses lecteurs.

- Le message du répondeur téléphonique, souvent oublié, doit être simple et efficace. Il peut également devenir un vecteur de communication, car vous pouvez y préciser les modalités pour vous contacter, par exemple « Madame X, Société Y, je suis en déplacement jusqu’au 18 / je suis joignable tous les jours de semaine aux heures de bureau / etc., laissez vos coordonnées, je vous contacterai à mon retour / dès demain ».

- Votre présence lors de manifestation (salon, débat, conférence, séminaire, formation…) doit tout autant être pensée comme un outil de communication puisque vous présenterez votre société. Il est stratégique de prévoir les supports publicitaires les plus appropriés dans votre paquetage (votre porte-document personnalisé, des objets promotionnels à offrir…)

Et pour finir, le moyen de communication le plus important pour votre entreprise, c’est VOUS-MEME !
Dans une conversation, 65% des informations passent par l’apparence, 55% par le visage, 38% par la voix et seulement 7% par le sens de vos mots. Vous devrez refléter l’image de votre entreprise, son sérieux, son professionnalisme, son ouverture d’esprit, sa sympathie, etc. grâce à votre attitude, votre élocution, votre tenue, vos accessoires … Une bonne excuse pour prendre soin de soi et de son look !

S’installer comme Photographe Auto-Entrepreneur

Le Photographe est un animal protéiforme : amateur, artiste, artisan, journaliste, industriel, esthète, formateur, auteur, consultant, metteur en scène, galeriste, scientifique, publiciste, aventurier, philanthrope, ermite, marketeur, écrivain, passionné, passionnant … Cela vous semble un joyeux charivari de personnages, et pourtant, il y a autant de métiers différents dans la photographie qu’il y a de Photographe.

Autrefois, avant de signer le contrat du Photographe, il fallait savoir dans quelle case on allait nous ranger : artisan ? auteur ? commerçant ? Malheur à toi, Photographe qui ne voulait pas rentrer dans un de ces trois moules !

Aujourd’hui, le gouvernement nous fait un très joli cadeau : le statut d’auto-entrepreneur ! je ne reviens pas sur ce qu’il apporte à tout un chacun, d’autres sites mieux renseignés en disent plus que moi. Ce statut magique permet enfin à l’animal Photographe de faire tout ce qu’il veut avec son talent, en supplément de son statut d’auteur ! Le Photographe peut changer d’objectifs comme il change d’objectif. Le photographe peut être formateur, éditeur, consultant, artiste, commerçant, auteur, artisan… tour à tour ou tous en même temps !

Mais le Photographe est un être fragile et sensible, il se questionne, s’interroge. Voici donc pour le Photographe inquiet, un début de réponse, en défrichant les mauvaises idées sur l’auto-entreprise …

Ce statut est intéressant pour un photographe qui souhaite vivre de sa photographie autrement qu’en cédant des droits d’auteur (comme pour la vente directe de carte postale par exemple). Par contre, dans la plupart des activités de photographe (par exemple pour faire un reportage pour un magazine), outre le statut de « pigiste » qui équivaut au statut de salarié en micro-CDD, le seul statut valable légalement est celui d’auteur ! Ce n’est pas un drame, car le statut d’auteur possède les mêmes avantages fiscaux et sociaux que le statut d’auto-entrepreneur :
- charge en fonction des montants de droits facturés, et non au forfait ;
- déclaration fiscale sur la déclaration de revenu + formulaire 2035 simplifié.
A la condition bien sûr que la seule chose que vous facturiez soit du droit d’auteur (impossible donc de vendre des cartes postales…). D’ailleurs, l’activité d’auteur est exclue du champ d’activité de l’auto-entrepreneur.

Je vous invite à consulter attentivement le site de l’Union des Photographes Créateurs qui regorge d’informations sur la profession de photographe.
Vous pouvez également acquérir le livre d’Eric Delamarre sur le sujet « Profession : Photographe » qui est une mine d’informations pratiques sur tous les statuts possibles pour s’installer comme photographe.

Il y a autant de configuration professionnelle possible qu’il y a de photographe. Alors renseignez-vous un maximum avant de prendre votre décision finale.

Les idées reçues sur le Photographe Auto-Entrepreneur :

« Le Photographe auto-entrepreneur ne paye pas ses charges sociales »

En ce qui concerne les déclarations sociales, le statut d’auto-entrepreneur n’est pas une dispense. Les charges sociales sont payées au même titre que n’importe quelle entreprise : la différence réside dans le fait que le régime micro-social permet de verser ces charges en pourcentage du chiffre d’affaire, et non au forfait. Ceci permet justement d’éviter de sur-endetter la jeune entreprise. Pour mémoire, c’est déjà le modèle de paiement de charge dont bénéficient les auteurs, dont les photographes (via Agessa) et les artistes (via Maison Des Artistes).

« Le Photographe auto-entrepreneur ne crée pas d’emploi »

Quid de l’auto-entrepreneur lui-même ? Créer une entreprise, même à faible ambition, c’est déjà créer de l’emploi : celui de l’entrepreneur. Et puis le Photographe n’est pas si solitaire qu’il en a l’air. Comme tout animal, qu’il soit social ou pas, il fait parti d’un « photosystème » comprenant de nombreux intervenants : fournisseurs de matériel, agences, laboratoires, graphistes, journalistes, éditeurs, imprimeurs, modèles, … ça aussi, c’est créer de l’emploi !

« Le Photographe auto-entrepreneur travaille « au noir » »

Le travail au noir, notamment le travail « du week-end » est un vrai problème, surtout dans la photographie. Les lois sont claires sur ce point, pourtant les travailleurs au noir continuent de travailler. Plutôt que de l’ignorer, l’état a préféré offrir la possibilité à ces travailleurs de légaliser leur activité d’appoint. L’auto-entrepreneuriat est une méthode pour contrer le travail illégal, peut-être pas parfaite, mais qui a le mérite d’exister.

« Le Photographe auto-entrepreneur ne respecte pas la déontologie »

En ce qui concerne la photographie, avec ou sans auto-entrepreneuriat, il y a un réel problème dans la profession depuis quelques années, qui ne cesse de grandir. Des nombreuses actions sont menées par les groupements professionnels. Pour être écoutés, pour agir efficacement, les photographes doivent se rassembler. Des combats ont été menés (et parfois gagnés) : négociations avec les Offices de Tourisme, lutte contre les D.R., combat contre le libre-de-droit. Je vous invite à vous rapprocher de la Maison des Photographes à Paris pour vous en rendre compte.

« Le Photographe auto-entrepreneur est une concurrence déloyale pour le Photographe artisan »

En ce qui concerne l’artisanat en particulier, la concurrence fait aussi partie du jeu. L’artisanat n’est pas qu’une méthode de production et de vente, c’est également un savoir-faire, un gage de professionnalisme, une marque de qualité, et aussi la personnalité d’un artisan qui transparaît dans son travail. Des éléments prônés sans relâche par les Chambres de Métiers, et qui me semblent difficilement compatibles avec une « activité du week-end ».

« L’auto-entrepreneuriat pour le Photographe, finalement, ça ne change rien »

La naissance du statut d’auto-entrepreneur permet surtout de réactiver le débat sur certaines professions « en danger » comme l’est la Photographie. C’est clair que le métier doit être repensé. Ce nouveau statut n’est ni LA solution, ni une fatalité, c’est juste une nouvelle option qui s’offre à nous, les Photographes. Alors amis Photographes, tous à vos méninges pour ré-inventer notre métier !